... pour ne pas m'égarer ! Plantes "sauvages" donc, communes dans les champs et... les villes !

Certaines d'entre-elles figurent déjà dans "Petites histoires de...", rubrique crée avant celle-ci : le coquelicot, la carotte, l'églantier, ...

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Le plantain : Plantago major

Qui ne connaît pas le "plantain"... ? Que l'on ne cultive pas, mais qui s'impose de lui-même dans nos jardins et nos pelouses.

Il s'agit ici plus spécialement du "grand plantain", appartenant à la famille des Plantaginacées. Originaire d'Europe et des régions tempérées d'Asie. L'espèce commune est connue depuis très longtemps pour ses vertus curatives : Pline prétendait que si l'on rassemblaient plusieurs morceaux de chairs dans un récipiend avec du plantain, ils pouvaient se ressouder !

En Angleterre, on accrochait des pieds de plantain dans les carrosses afin de protéger les passagers.

Les Amérindiens le nommaient "pied de l'homme blanc" parce qu'il serait arrivé en Amérique en se collant aux semelles des colons français et anglais et se serait ainsi développé dans les chemins que ces derniers empruntaient...

Si vous déchirez une feuille de plantain perpendiculairement, l'intérieur des nervures continue à relier, comme des fils, chacun des morceaux, d'où son surnom "d'herbe à la couture".

Pour certains, ce nom viendrait peut-être de la légende d'un pari entre le Diable et une jeune fille qui sut recoudre si finement la feuille de plantain lacérée qu'il n'en resta que les cinq coutures et que le Diable fut le perdant.

Sachez encore que le plantain lancéolé (plantago lanceolata), aux feuilles plus longues et lancéolées, le plantain moyen (plantago media) et le plantain "corne de boeuf" (plantago coronopus), plus rare, sont aussi considérés comme des mauvaises herbes et possèdent tous les mêmes vertus.

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10 avril, dans les champs, près de chez moi...

A g. : plantain "Major": à d. : plantain "Lanceolata".

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La prêle : Equisetum arvense

La prêle appartient à la famille des Equisétacées. L'efficacité thérapeutique de cette plante est essentiellement due à sa haute teneur en silice, qui aide à la régénération des tissus conjonctifs.

On aimerait connaître l'histoire de cette survivante du règne botanique dont les ancêtres ont vécu à l'époque du carbonifère ( - 280.000.000 d'années !) et qui ont donné naissance à nos gisements de charbon. Commune dans ma région, elle pousse sur les sols humides et ombragés, les terrains inondables, les fossés et les bords d'étangs. Il semblerait (!) que parfois, les déherbants peuvent favoriser sa pousse.

En plus, elle nettoie nos casseroles et ustensiles en acier inoxydable. On s’en est servi pendant plusieurs années pour finir le bois, et pour polir les métaux ainsi que les objets en étain.

Les Romains s’en servaient comme tonique et l’utilisaient comme reconstituant général. Pline l'Ancien disait: « Sa nature est tellement merveilleuse qu’à peine y toucher, c’est assez pour étancher le sang des patients. » Pour sa part, Culpeper disait: « Très puissante pour arrêter les sangs, même à l’intérieur, et pour libérer de l’enflure, de la chaleur et de l’inflammation des parties privées et fondamentales des hommes et des femmes. » En magie, on accrochait un bouquet au lit afin de favoriser la fertilité.

Les Amérindiens s’en servaient pour aider le développement des fibres musculaires et pour souder les fractures.Ils l'utilisaient aussi comme coagulant pour les plaies lentes et difficiles à guérirainsi que pour trouver des nappes d’eau en surface et en profondeur. Ils la prenaient en infusion pour soigner la gonorrhée et ils s’en servaient pour toutes les maladies rénales. Les Amérindiens et les premiers colons en tiraient une décoction qu’ils utilisaient contre l’hydropisie.

Ne pas confondre la prêle avec la prêle des marais (Equisetum palustre) qui est une plante d'aspect voisin, mais plus grande et qui contient des alcaloïdes toxiques.

Certains éthymologistes pensent que son surnom de "queue de cheval" est la traduction de son nom latin, equisetum, composé de "equus", cheval et de "setum", soies, crins. D'autres penseraient plutôt à "equi", signifiant "égal", à cause de ses segments tellement semblables les uns aux autres. Son nom vernaculaire "queue de cheval" évoquerait un autre emploi fait de la prêle. On attachait cette plante à la queue du cheval qui, ainsi, se défendait mieux contre les mouches.

La tradition dit que les femmes qui ont des difficultés à concevoir devraient dormir sur des paillasses faites de prêle.

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La reine-des-près : Filipendula ulmaria syn. Spiraea ulmaria

La reine-des-près pousse dans les lieux humides, les fossés et les berges de rivière. Appelée au Moyen Age "l'herbe aux abeilles", tant les abeilles sont friandes de son pollen.

Ses vertus médicinales sont nombreuses pour soigner les troubles gastriques et les états inflammatoires. Les druides la considéraient comme une de leurs plantes les plus sacrée. Dans son herbal (1597), Gerard notait que " sa senteur remplit le coeur de bonheur et de joie et qu'elle ravit les sens". En 1652, Nicholas Culpeper écrvait que "bouillie dans la vin, elle soulageait rapidement ceux qui souffraient de coliques et qu'elle retenait le flux dans l'abdomen".

Autrefois, avec les fleurs, on teignait en jaune les tissus et, avec toute la plante, on tannait les peaux.

En écrasant une pincée de fleurs ou de feuilles, on perçoit une franche odeur de salycate de méthyle. L’huile essentielle élaborée par la plante en contient ainsi que de l’aldéhyde salicylique, qui constituent en grande partie l’action salutaire de la Reine des Prés.

Un petit rappel de quelques faits touchant à la chimie et à la pharmacopée vous fera mieux saisir le mécanisme de cette action :

   1) c’est dans l’oxydation de l’aldéhyde salicylique qu’en 1838 le médecin et pharmacologue italien Rafaele Piria a découvert l’acide salicylique ;

   2) c’est à partir de cette acide salicylique que le chimiste strasbourgeois Charles-Fréderic Gerhardt a découvert en 1853 l’acide acétyl-salicylique, dérivé du précèdent, qui est le plus répandu de tous les médicaments puisque c’est l’aspirine;

   3) le nom même de ce médicament évoque les liens étroits qui le rattachent à la Reine des Prés car il lui a emprunté son appellation scientifique en passant de « spirée » à « aspirine ».

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La bardane : Arctium lappa

Largement utlisée come dépuratif depuis des siècles,la bardane est célèbre pour ses teignes crochues qui s'accrochent aux vêtements. Elle est aussi appelée "bouton de soldat" à cause de ses fruits, "oreille de géants" à cause de ses feuilles, "herbes aux teigneux" ou "pleke madame" (en bruxellois). Elle est longtemps entrée, avec le pissenlit, dans la fabrication des bières artisanales et parfumait le vin de bardane.

Ce sont les feuilles et la racine qu'on utilise en thérapeutique ou... en gastronomie : en effet, dans le midi de la France, en Italie, dans les pays scandinaves et au Japon, on déguste ses jeunes feuilles en salade et on mange sa racine, bouillie puis passée au beurre comme les salsifis; ce qu'en dit Robert Landry : « une valeur discrètement cotée à la bourse des gastronomes » n'est cependant pas tellement encourageant

En revanche, sa cote à la bourse des remèdes est confortable et ce depuis que le roi Henri III fut guéri, grâce à elle, de la syphilis disent les uns, d'une maladie de peau disent les autres, par son médecin Pena. Ce qui est certain, c'est que la bardane a permis au docteur Cazin de guérir effectivement un cas de syphilis tertiaire et qu'elle est un des meilleurs remèdes contre les affections cutanées.

Les auguillons de la bardane,à la fois souple et difficiles à détacher seraient à l'origine de l'invention du Velcro (!).

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Le houblon : Humulus lupulus

Plante grimpante herbacée des zones tempérées de l'hémisphère Nord. Le houblon pousse à l'état sauvage dans  les endroits humides et frais, sur les terres incultes, dans les haies, les clairières ou sur les bords des cours d'eau...Il était déjà reconnu au Moyen Age pour ses vertus médicinales. Utilisé en Europe du Nord dans le brassage de la bière depuis le XIe siècle au moins, le houblon à une saveur amère qui explique ses propriétés digestives. Il sert de stabilisant à la bière, tandis que les anglais refusent de laisser "abîmer" leurs bières et conservent sans houblon leurs boissons artisanales fermentées.

La pharmacopée moyenâgeuse les déclarait « utiles aux apostumes (c’est-à-dire aux abcès et tumeurs avec suppuration) qui sont au foie et en la rate » et les conseillait dans l'affection hypocondriaque et les vapeurs mélancoliques. On leur reconnaît aujourd'hui des propriétés apéritives, toniques, diurétiques, dépuratives, digestives, sédatives et antispasmodiques.

Les femmes qui participent à sa cueillette sont réglées deux jours après, quelle que soit la période de leur cycle. Encore une « herbe à oreiller» ! Ses fruits frais glissés sous la tête provoquent un sommeil réparateur, en revanche, il annihile tout désir sexuel il est donc plutôt recommandé de ne prendre le Houblon que sous forme d'un bon demi bien frais!

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La bourrache : Borago officinalis

La bourrache appartient à la famille des Borraginacées.

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Le 10 avril, dans les champs...

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Le grand herboriste John Gerard, en 1597, cite le vieux dicton latin : "Ego borago gaudia semper ago", ce qui signifie : "Moi, la bourrache, je donne toujours du courage". Cette plante officinale aide l'organisme à s'adapter au stress. Il est prouvé que la bourrache stimule les glandes surrénales et favorise ainsi la production d'adrénaline. cette belle plante est facilement reconnaissable par sa tige couverte de poils raides et par ses fleurs d'un bleu ciel, étoilées, à coeur d'étamines noires.

Selon certains, le nom de "bourrache" dériverait de " abu rach", terme arabe signifiant "père de la sueur". Ce nom tiendrait de la propriété sudorifique de la plante ! D'autres soutiennent que le mot vient du latin "cor ago", qui veut dire "je stimule le coeur". Lorsque Gerard vante les mérites de la plante, il dit aussi : "Un sirop fabriqué avec des fleurs de bourrache réconforte le coeur, chasse la mélancolie, apaise l'individu agité ou lunatique".

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