22 mars 2007
Atmosphère...
Quelques mots tout d'abord au sujet des roses dites "anciennes"...
Dans les années '60, les roses anciennes étaient complétement tombées dans l'oubli. Par exemple, les "Portlands". Les premières roses remontantes européennes datant de 1805 étaient devenues introuvables, alors qu'en Nouvelle-Zélande une seule pépinière pouvait en proposer dix-huit différents. Même les superbes hybrides perpétuels très parfumées, qui ont donné naissance depusi 1837 à plus de 3000 variétés, avaient disparu.
Un merci tout particulier donc, aux collectionneurs et rosièristes qui ont activement participé à leur réintroduction en Europe.
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Dans le vocabulaire des jardins, le mot "roseraie" occupe une place d'exception. Sans doute parce que la rose, qui en est l'objet, bénéficie elle-même d'une réputation hors du commun : elle symbolise l'approche d'une perfection dans le domaine des fleurs. D'autres espèces bénéficient du même crédit : ainsi l'orchidée qui nous raconte une mystérieuse nature tropicale; le lys, attibut des souverains... mais les tropiques sont lointaines, la fleur des rois évoque un passé révolu ! La rose, elle, sait puiser dans notre tradition et reste d'actualité dans notre art des jardins.
C'est une plante utilisée depuis des siècle, mais les véritables roseraies ne trouvent leur origine qu'au XIXe siècle, le siècle des innovations horticoles. Les techniques permettent à cette époque la production de nouvelles variétés ornementales; le mythe de la rose, chantée de tous temps par les poètes, est à son apogée. L'association d'une fleur unanimement respectée, à un type de jardin nouveau et très spectaculaire, fait événement ! On touche là un des thèmes majeurs de l'histoire des jardins.
Les premières roseraies sont donc perçues comme des jardins précieux, puisque dédiées à une "fleur oeuvre d'art"; des jardins savants, puisque tributaires de la science horticole et du savoir-faire des jardiniers ! Leur architecture va dans le sens de la rigueur, reprenant la classique ordonnance en compartiments cernés de buis, indispensables d'ailleurs, compte-tenu du besoin de classer les productions par affinités ou par thème.
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Dans la roseraie traditionnelle "à la française", les rosiers sont plantés en petites parcelles entourées d'arbustes taillés (ici la santoline).
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Aujourd'hui, le jardin de roses a gagné les jardins privés, sortant de sont rôle trop savant de collection. Certes, la roseraie peut conserver une forme "traditionnelle": c'est souvent le cas lorsqu'une petite partie du jardin est réservée à l'usage exclusif des rosiers. Mais des roseraies nouvelles apparaissent, qui à l'inverse recherchent l'exubérance et la liberté : le jardin entier est soumis à l'exigence des rosiers qui s'assemblent d'une manière apparemment plus aléatoire.
Deux formes de roseraiens, deux états d'esprit !
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Dans les nouveaux jardins de roses "à l'anglaise", les rosiers sont plantés au milieu de massifs de plantes vivaces. Les formes arbusives des variétés anciennes y forment de grandes touffes qui peuvent atteindre deux mètres de haut comme ici Rosa x Alba aux fleurs blanc crème (au centre à l'arrière-plan). Devant lui on reconnait Gabriel Noyelle et de l'autre côté de l'allée, la si simple Rosa complicata.
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C'est l'envi d'un jardin de rose qui conduit la main du jardinier : l'exubérance des végétaux est trompeuse !
Les longues perspectives peuvent elles aussi être trompeuses : un jardin peut être tout en longueur et, en réalité, très petit, attenant à la maison. C'est la première qualité d'un jardin : faire oublier ses limites.
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Rosier Rosa centiflora , mahonia et fougère.
Photo dans mon jardin : 2006
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L'apparente exubérance,
indispensable pour tromper la perspective.
Mon jardin : 2006
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A défaut d'avoir de la profondeur, j'utilise de plus en plus la hauteur...
Mon jardin : 2006
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Mon jardin : 2006
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Cela dit, revenons-en aux roseraies...
"Autour d'eux, les rosiers fleurissaient. c'était une floraison folle, amoureuse, pleine de rires rouges, de rires roses, de rires blancs. Les fleurs vivantes s'ouvraient comme des nudités, comme des corsages laissant voir les trésors des poitrines. Il y avait là des roses jaunes effeuillant des peaux dorées de filles barbares, des roses paille, des roses citron, des roses douleur de ciel, toutes les nuances des nuques ambrées par les cieux ardents".
tel est la description de Zola dans "La faute de l'abbé Mouret", propre à enchanter plus d'un amoureux des roses. Cette ambiance surannée, digne des jardins de la fin du XIXe s., peut se recréer de nos jours.
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Cette mosaïque de couleurs douces est le résultat de l'enchevêtrement de trois rosiers sarmenteux. Les petites fleurs blanches en bouquets ressemblent à celles de certaines variétés botaniques (filipes par exemple). La fleur "vieux rose" appartient à un rosier thé grimpant qui rappelle "Dr.W.Van Fleet". Le rosier rouge écarlate est plus récent...
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Union des couleurs, mais diversité des formes : simple pour la felur du rosier Glauca (encore appelé Rubrifolia ), opposée à celle en forme de chou et très parfunée de "Chapeau de Napoléon".
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Accord insolite entre un pastel et un rouge sang : "Phyllis bide", un rosier florifère et exubérant au point de grimper et un polyantha sarmenreux à grosses fleurs qui pourrait être "Grimpant Belbard".
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Les roses anciennes du jardin de Mottisfont, en Angleterre (photo : 1991).
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Mottisfont : la part importante accordé aux vivaces est une des caractérisriques de cette roseraie.
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Adresse web :
http://www.nationaltrust.org.uk/main/w-vh/w-visits/w-findaplace/w-mottisfont/
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