13 décembre 2007
7 - Hist. de Morro de S. Paulo
1961 : Roberto Seto chante brigitte Bardot. Cette chanson sera reprise en français par Dario Moreno
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6 - Hist. de Morro de S. Paulo
En cours...
En 1823, Lord Thomas Cochrane installa le premier escadron brésilien à Morro de Sào Paulo, luttant en faveur de l'indépendance brésilienne qui eut pour conséquence l'expulsion des Portugais de Salvador, le 2 juillet. Au cours de ces luttes, une grande partie de l'arsenal de Morro de SP fut tranférée à la capitale.
Le règne de Don Pedro I connut beaucoup de turbulences, notamment la "Confederacào do Equador" qui fut une tentative d'indépendance de certains états du Nordeste, mais aussi de nombreux autres conflits dans tout le pays. Don Pedro I abdique en 1831, alors que son fils n'avait que 5 ans. Beaucoup de révoltes éclatent durant cette période de régence. C'est pour cette raison que le Parlement décréta, en 1840, la majorité à 15 ans, pour que le fils puisse régner...
En 1844, une fabrique de tissus fut créée à Valença par Joào Monteiro Carson qui décida également de la construction d'un phare à Morro de Sào Paulo, dont les travaux durèrent de 1850 à 1855...
En 1859, Don Pedro II visita Salvador et Morro de SP.
A Valença existait alors la plus grande fabrique textile du Brésil, utilisant la main d'oeuvre libre et salariée à une époque où l'on utilisait que des esclaves.
Après la proclamation de la République, en 1889 à Rio, Bahia se divise entre partisans de l'empereur et républicains qui réussissent à proclamer une République indépendante, un jour plus tard, le 16 novembre. Suit une période de conflits politiques jusqu'à la Constitution de 1890. Le pays retrouve une certaine stabilité.
Dans les premières décades de la République, l'économie fut quasiment exclusivement basée sur le café. Un changement s'opéra à partir de 1930 sous le gouvernement de Getùlio Vargas. Ce gouvernement prit une forme dictatoriale durant la seconde guerre mondiale quand sa situation devint ambigüe face aux conflits internationaux. Le Brésil d'alors maintenait des relations avec les USA et autres démocraties tout en soutenent l'Allemagne et l'Italie. C'est seulement en 1942 que le Brésil décida officiellement le parti à prendre, quand les sous-marins allemands attaquèrent des navires marchands brésiliens sur la côte dà Valença.
Vargas démissionne en 1945 à la suite d'un coup militaire, mais il est réélu en 1950 et se suicide en 1954. Les bases industrielle pour le développement du Brésil furent constituées sous son gouvernement. A cette époque, les habitants de Salvador construisirent des "maisons de plage" sur lîle de Tinharé (dont Morro de SP fait partie).
Dans les années de guerre froide qui suivirent, le Brésil devient de plus en plus dépendant des puissances capitalistes, spécialement des USA. Sa dette extérieure grandit de façon alarmante, beaucoup de droits furent abolis et l'économie chuta. En plein gouvernement de dictature militaire, en 1964, les "hippies" vinrent visiter Morro de SP. C'est ainsi, qu'en peu de temps, dès 1970, l'île de Tinharé acquit une renommée internationale.
En 1992, à Rio de Janiero, se déroulera la Conférence des Nations Unies sur le "Milieu Ambiant ECO 1992", qui eut pour conséquence le "Décret de l'Aire du Mileu Ambiant" de Tinharé et de Boipaba.
L'île fut visitée par des touristes du monde entier qui sont repartis avec le souvenir d'un endroit paradisiaque qui, bien qu'ayant été au centre de nombreux faits historiques, résiste bravement aux promoteurs en sauvegardant ses beautés naturelles. Sans doute aussi grâce au rythme "cool" de ses habitants !
Pour la "petite histoire" : c'est à la même époque, vers 1964, que de nombreux "hippies" visitèrent Buzios, petit village de pêcheurs situé sur la côte, à environ 160 km de Rio. L'endroit va acquérir une renommée internationale grâce à Brigitte Bardot qui y a sa statue. C'est devenu un endroit "à la mode" : hôtels et plages magnifiques; restos branchés; boutiques de luxe, etc...
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Búzios n'a été découvert qu'en 1964 ... par Brigitte Bardot ! Invitée par un ami Argentin, l'actrice a en effet effectué deux séjours à Búzios. Cela a suffit pour que ce très tranquille village de pêcheurs devienne mondialement connu. Búzios, ou plus exactement Armação dos Búzios, était autrefois un village paisible, niché au fond d'une baie.
Après le passage de "la Bardot", il est subitement devenu synonyme de splendeur tropicale, avec ses plages de sable blanc, ses eaux cristallines, ses palmiers, ses cocotiers, ses femmes splendides à demi nues, et son incomparable douceur de vivre.Souvent comparé à Ibiza, ou même à St Tropez.
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La statut de BB à Buzois...
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BB à Buzois,en 1964
Photos : denis Albanèse
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10 décembre 2007
5 - Hist. Morro de S.Paulo
EN COURS...
En 1549, le Gouverneur Général Tomé de Souza arrive à Bahia, avec comme objectif l'amélioration des défenses de la région, très convoitée par les Français.
- Arrivée de Tomé de Sousa, gouverneur général. Fondation de Bahia, la première capitale. Débarquement des premiers jésuites.
- 1549 - 1553 : Conflits avec les indigènes - Les conflits entre les portugais et les indigènes ont été une constante depuis le début de la colonisation. Tomé de Souza s'allie avec les Tupis et déclare la guerre aux autres ethnies. Les vaincus deviennent des esclaves. Les jésuites qui débarquent avec Tomé de Souza seront les seuls protecteurs des indiens : ils s'opposeront à leur esclavage, mais l'application d'une morale rigide ne respectera pas leurs traditions et les cultures indigènes.
Dès 1557, à Porto do Curral, la création d'un élevage de bétail va contribué au développement d'Amparo, aujourd'hui Valença. Peu après, en 1574, l'administrateur, Sebastiào Pontes doit quitter brusquement le territoire qui sera repris par les indiens Aimorés qui obligèrent les Portugais (en 1597) à se réfugier dans les îles.
- 1572 : Implantation d'un deuxième gouvernement à Rio
En 1580, le roi d'Espagne, Philippe II, hérite de la couronne portugaise (?). Commence alors une période qui verra de fréquentes attaques hollandaises et britanniques sur la côte brésilienne.
- Fin du XVIe s : Des expéditions partent vers l'intérieur, dans le Nordeste et dans le Sud. Le commerce du sucre s'organise et se développe dans le Nordeste. Une société féodale, de type patriarcal, s'instaure et survivra jusqu'au XXè siècle.
A la fin du XVI siècle, environ 30.000 portugais et 20.000 esclaves originaires d'Afrique vivaient dans des villes côtières isolées. Pernanbuco et Bahia possédaient la majorité des 200 raffineries de sucre que comptait la colonie.
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En 1610, la famille Saraiva Goes fit construire l'église N.-D. de la Lumière, au sommet de la colline, à l'emplacement actuel du phare.
En 1635, les Jésuites fondèrent la résidence de St. francisco Xavier sur le colline de Galeào.
De 1627 à 1630, les Hollandais attaquent à diverses reprises et prennent Olinda et Recife où ils resteront longtemps. On raconte que lorsque les Hollandais arrivèrent avec l'intention d'attaquer l'île, N.-D. de la Lumière fit en sorte qu'ils s'imaginent voir une flotte de navires en face de Morro de Sào Paulo, afin qu'ils renoncent à leur projet. Ce qu'ils firent...
- Les Hollandais attaquent Recife (dès 1624) et occupent le Pernambouc jusqu'en 1654. Ils contribuent à l'extraordinaire essor de la région, surtout sous le gouvernement de Maurice de Nassau, nommé en 1637. Cette occupation réunira pour la première fois, dans une lutte commune, Portugais, Indiens et Noirs.
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C'est à cette époque que commence la construction des fortifications. Il faudra plus de 100 ans pour les terminer, mais elles furent fonctionnelles dès 1652 et la première guérite y fut fixée en 1664. A cette époque, le port faisait du commerce "officiel" avec de nombreux bateaux venant d'Afrique et d'Europe, aussi bien que "clandestin" avec des pirates écoulant des articles de contrebande.
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Les travaux du fort se prolongèrent jusqu'en 1739, connaissant des phases plus ou moins actives et, en 1750, on comptait 51 pièces d'artillerie réparties sur les 700 m de murailles, ainsi que 183 hommes. Mais déjà en 1774, une grande partie des fortifications furent détruites par une tempête. Elles furent partiellement reconstruite, bien que l'on doutait déjà de leur utilité...
En 1746 fut construite la "Grande fontaine" destinée à traiter l'eau de la ville.
En 1769, le marquis de Pombal transféra le siège du gouvernement colonial à Rio de Janiero et expulsa les Jésuites.
- Autre source : 1763. Le roi déplace la capitale à Rio de Janeiro, à la place de Salvador de Bahia, pour mieux contrôler le commerce de l'or.
- Expulsion des jésuites par le marquis de Pombal. La raison officielle fut le mécontentement populaire suscité par l'influence jésuite chez les Indiens et leur poids grandissant dans l'économie. Leur expulsion provoqua la désorganisation du réseau des missions religieuses et surtout du système d'enseignement. Pour remplacer les cours - "aulas de ler, escrever e contar" - Pombal créa les "aulas régias" et interdit d'utiliser les méthodes d'enseignement des jésuites. Un nouvel impôt fut créé - subsídio literário
Entre 1794 et 1798 éclate la "Conjuration des Alfaiates" (ou "inconfidência Bahiana"), tentative avortée d'instauration d'une république. Parmis ses principes, on distinguait l'égalité des droits sans distinction de races, un grand pas pour l'époque où une minorité d'Européens dominaient une majorité de population noire et mulâtre.
- D'autres sources donnent 1789 : Complot de l'Inconfidência Mineira à Ouro Preto. Son chef, Tiradentes sera écartelé en 1792. Tiradentes s'était mis en rapport avec des intellectuels partageant les idées libertaires qui avaient inspiré les Encyclopédistes français et les leaders de la Révolution américaine. Il est l'un des symboles de l'indépendance et de la lutte contre l'oppression.
Les ports de Bahia vont s'ouvrir au commerce international et, en 1808, l'Angleterre exigera l'ouverture de tous les ports bésilien. Ce fut l'objet d'un décret portugais.
Les guerres napoléonniennes vont obligé la Cour portugaise à se réfugier au Brésil, à Rio de Janiero.
- Le roi D.João VI était un amoureux de la nature: il créa les jardins botaniques de Rio et lança la mode des bains de mer. Il aurait du retourner au Portugal mais il refusa de rentrer et déclara Rio de Janeiro capitale du Royaume Uni du Portugal, du Brésil et d'Algarve
Ce choix mécontentera grandement la région de Bahia et tout le Nordeste qui connurent une période de décadence. C'est alors que Don Pedro proclama l'indépendance de Brésil, en 1822.
04 décembre 2007
4 - Hist. Morro de S. Paulo - Esclavage...
Il semble bien que ce soit le manque d'or, de pierreries et d'épices qui sera à l'origine du développement de la monoculture intensive de la canne à sucre...
Par une patente royale de 1516, la couronne portugaise envisage de convertir la Terre de Santa Cruz en terre à sucre. L'entreprise sucrière au Brésil est le type même d'une entreprise intégrée ; elle comprend :
le moulin à sucre avec ses bâtiments et sa machinerie complexe (fourneaux, chaudrons, salles de décantation et de purge, emballage, etc.)
le matériel de transport et la main d'œuvre presque exclusivement servile.
La constitution d'un engenho suppose des investissements importants, donc la création d'un capitalisme agraire et industriel.
La canne, originaire de l'Atlantique oriental, était plantée entre fin février et début mai sur un sol brûlé et légèrement égratigné par la houe. La plante a besoin de quatorze à dix-huit mois pour arriver à une taille correctes, puis un délais de huit à dix mois est nécessaire pour qu'elle soit à maturité et donne une coupe et deux regains. La coupe s'étale d'août à mai. Toute la compétence du maître du moulin réside dans la programmation de la coupe pour éviter l'excès ou le manque de canne au moment du broyage. La coupe est une opération synchronisée : les hommes coupent les tiges et les femmes forment les faisceaux ou gerbes d'une douzaine de tiges. Les gerbes sont ensuite acheminées au moulin. Le travail au moulin est harassant et les pauses, consacrées au nettoyage et à l'entretien des équipements, rares.
Un moulin à traction animale consomme trente chariot de canne par jour et parvient à produire 25 à 35 arrobas de jus quotidiennement. Le rendement est plus du double pour un moulin à eau, mais l'investissement initial est aussi plus élevé. Le jus obtenu subit plusieurs cuissons et raffinages de manière à obtenir le sucre blanc dont le Brésil allait faire sa spécialité.
Cette économie sucrière a dominé l'histoire du Brésil jusqu'au milieu du XVIIème siècle ; elle est à l'origine des nombreuses agressions hollandaise et de la société esclavagiste.
Les deux capitaineries de Pernambouc et de Bahia s'imposent comme les pôles majeurs de l'industrie sucrière. En 1570, sur 60 engenhos en activité, Pernambouc en compte 29 et Bahia 18, soit 68% pour les deux régions ; en 1585, la proportion est de 85%. L'expansion a été croissante jusqu'à l'agression hollandaise de 1624 (prise de Bahia).
La production est exportée en totalité ; de 180 000 arrobas en 1570, elle passe à 378 000 en 1591 pour s'élever à 2,8 millions en 1600 et à plus de 4 millions en 1610. En 1630, après le passage des Hollandais, la production retombe à 1,5 millions d'arrobas.
L'entreprise sucrière a généré d'importants bénéfices ; un rendement annuel de 5 à 10% du capital investi était habituel. Il a été dépassé lors des périodes de forte expansion.
L'économie du sucre et la formation du marché intérieur.
La forte consommation de bois nécessaire pour les chaufferies des moulins (opération de raffinage) transforme le paysage, avec un recul très marqué de la forêt littorale. Ceci explique le règlement de 1605 sur les coupes forestières ; il vise bien plus le bois de chauffe que les grumes destinés à l'exportation.
Le second effet est la constitution d'un important cheptel bovin qui sert à la fois au transport de la canne entre les champs et le moulin et à la traction dans certains moulins. Quant à la viande bovine nécessaire à l'alimentation de l'homme, les troupeaux ne sont pas acceptés sur les plantations d'où la création de fazendas d'élevage. Les pâturages représentent une perte de la surface arable. Freyre signale le mauvais état des troupeaux qui effectuent de grands trajets à partir de ces fazendas pour atteindre les villes ou les plantations. Il existe une véritable carence en viande animale ; celle-ci concerne essentiellement les Amérindiens, les Métis et les " Petits Blancs portugais ". Seule la population servile échappait à cette carence, le maître du domaine est conscient que la rentabilité de ses esclave est meilleure si ceux-ci sont convenablement nourris. Ce souci de rentabilité a permis aux esclaves de recevoir une nourriture plus équilibrée que le reste de la population. Une des conséquences de la création de ces fazendas a été de refouler les populations indigènes vers l'intérieur des terres ; à la fin du XVIIème siècle, le cheptel bovin était supérieur à 1,3 millions de têtes.
L'économie sucrière a eu pour conséquence la pénétration du sertao et la formation des latifundia.
Durant la seconde moitié du XVIème siècle, certaines exploitations introduisirent la culture du tabac comme culture complémentaire, ce qui permet une plus grande diversification des grands domaines, donc une meilleure rentabilité.
Si toutes les sociétés coloniales de formation portugaise ont été, dans leur ensemble, hybrides, c'est au Brésil que la situation a atteint son paroxysme. Cette situation a permis au Portugal de réussir son implantation grâce au croisement avec les indiennes et les " négresses ". Cette population métisse, à la fois vigoureuse et malléable, est adaptée au climat tropical, permettant ainsi le triomphe de la présence politique portugaise.
A partir de 1532, la colonisation portugaise au Brésil se caractérise par la domination quasi exclusive de la famille rurale, domination à laquelle seule l'Eglise porte ombrage à travers l'activité des Pères de la Compagnie de Jésus. La seule exigence pour être admis comme colon dans le Brésil du XVIème siècle était de professer le catholicisme. Il n'y avait aucune restriction de nationalité ; " les chrétiens - les catholiques seuls - pouvaient recevoir des terres ". Ce qui importait, c'était l'appartenance religieuse et le péril n'est pas l'étranger, mais l'hérétique.
Le bas degré de l'économie indigène ne permettait pas aux Portugais de pratiquer un commerce avantageux. La production se bornait à quelques plants de manioc, d'arachides et à de rares arbres fruitiers. La canne à sucre a d'abord été cultivée à Sao Vicente et à Pernambouc ; d'une façon générale, partout où l'agriculture esclavagiste a dominé, le latifundium s'est épanoui, c'est-à-dire un système qui a privé la population coloniale d'une alimentation équilibrée, saine et fraîche. La monoculture de la canne à sucre s'étalant sur des lieues stérilisait la terre, étouffait tout sauf les hommes, les bœufs et la terre qui étaient à son service.
La formation de la société brésilienne a été un " processus d'équilibration " des antagonismes, antagonismes de civilisation et d'économie : civilisation européenne/civilisation indigène ; civilisation européenne/civilisation africaine ; civilisation africaine/civilisation indigène ; économie agraire/économie pastorale ; économie des champs/économie des mines ; catholique/hérétique ; Jésuite/grand propriétaire ; mais les dominant tous l'antagonisme du maître et de l'esclave.
Le Portugais sait s'adapter aux situations ; il ne possède ni dogmes absolus, ni préjugés inflexibles. C'est, avant tous les autres Européens, un bourgeois qui a un penchant voluptueux pour la femme exotique.
Dans le nord du Brésil, il est aristocratique, patriarcal et esclavagiste. Il est le seigneur de terres vastes, le maître de nombreux hommes. La religion domine sa forme de pensée : les luttes contre les Indiens n'ont jamais été des guerres entre blancs et peaux-rouges mais entre chrétiens et " bougres ". Dans l'indigène, c'est le païen que l'on traitait en ennemi.
L'esclavage n'est pas le fruit de la colonisation. Celui-ci existait bel et bien avant la conquête coloniale à tel point qu'au Portugal, le verbe travailler s'est transformé au XIIIème siècle en " peiner comme un Maure ". Les nécessités du peuplement étouffèrent les préceptes moraux et les scrupules de l'orthodoxie catholique.
La population indigène n'ayant pu apporter le soutien que les Portugais souhaitaient, ils firent donc venir des noirs d'Afrique pour mettre en valeur les nouvelles terres, à partir de leurs comptoirs de la côte Atlantique.
L'indigène dans la famille brésilienne
La luxure d'individus lâchés sans femmes au milieu d'indiennes nues favorisait le métissage d'une population peu nombreuse et manquant de bras pour la mise en valeur rapide des nouvelles terres. Le gros de la société coloniale s'est développé autour la femme native que l'intervention des Pères de la Compagnie de Jésus empêcha de dégénérer en libertinage : la plupart des unions furent régularisées par le mariage chrétien. La terre brésilienne se peupla de métis.
L'Indien, ami ou esclave du Portugais, a compensé sa déficience dans l'effort stable et continu par son extrême bravoure et son héroïsme dans le domaine militaire avec l'exploration de l'intérieur et la défense de la colonie contre les Espagnols, les tribus ennemies ou les corsaires. Chaque moulin devait entretenir plusieurs dizaines d'hommes prêts à défendre la maison d'habitation et les richesses accumulées dans ses magasins. Ces hommes furent, presque en totalité, des Indiens armés d'arcs et de flèches.
Le sucre a tué l'Indien. Jamais, il ne put répondre aux exigences du nouveau travail agraire ; la main de l'Indien ne s'est jamais fixé sur une bêche et son pied de nomade n'a pu suivre le pas patient et solide du bœuf à travers les champs.
Si les Indiens ont échoué dans leur acculturation, c'est parce qu'on les a fait passer trop rapidement de l'état nomade à l'état sédentaire, de l'activité sporadique à l'activité continue. L'impérialisme portugais a signé l'arrêt de mort de la civilisation indigène, mais ce n'est pas par mort subite, comme la furie dévastatrice des Anglais en Amérique du Nord, mais lentement, à petit feu.
La femme indienne s'est adaptée à la vie sédentaire ; elle a recherché la stabilité offerte par le colon. L'Indienne a correspondu avantageusement à tout ce que l'on exigeait d'elle dans la formation de la nouvelle société brésilienne ; elle y a contribué avec son corps, par son travail domestique et même agricole. Le colon européen a reçu de la femme indigène de nombreux savoirs qui lui ont permis de s'implanter et de durer sur cette terre nouvelle.
L'influence noire est patente au Brésil : c'est celle de l'esclave dans la plantation ou de la domestique noire qui travaille dans l'habitation.
La colonisation du Brésil répondait à deux nécessités : le manque de femmes blanches et le besoin en techniciens. L'Afrique a donné des " maîtresses de maison " pour les colons sans femmes blanches (elles étaient essentiellement originaires de Guinée, du Cap et de Sierra Leone), des techniciens pour les mines, des artisans pour les forges, des pasteurs pour l'élevage du bétail.
Si l'indien ne connaissait pas le travail agricole, il n'en était pas de même pour les Africains, habitués à un travail agricole régulier. Le Brésil a reçu un grand nombre d'esclaves des différentes aires culturelles africaines ; il a, de ce fait, bénéficié de ce qu'il y avait de mieux dans la civilisation africaine et absorbé les éléments de l'élite.
La politique portugaise de distribution des nègres dans la colonie ne permettait pas que l'on rassemble dans une même capitainerie un nombre prépondérant d'esclaves de la même nation ou du même stock.
On ne peut séparer le nègre introduit au Brésil de sa condition d'esclave. L'esclavage a déraciné le Noir de son milieu social et familial pour le lâcher au milieu d'étrangers souvent hostiles. Il est impossible de séparer l'esclave de sa condition dégradante qui a étouffé nombre de ses aptitudes et ses meilleures tendances pour en accentuer d'autres, artificielles et morbides. La source de la corruption, c'est l'abus qu'une race faisait de l'autre.
La coutume des mères riches de ne pas donner le sein à leur enfant, mais de les confier à des paysannes ou des esclaves est d'origine portugaise. Il y eut, au départ, l'impossibilité physique des mères à remplir ce premier devoir de maternité : les mariages étaient précoces, d'où l'impossibilité d'être mère dans toute la plénitude du terme. Une fois mariées, les grossesses se succédaient sans discontinuité, un enfant après l'autre. Ce douloureux et continu effort de reproduction détruisait la santé des femmes ; la multiplication des individus se faisait au détriment des femmes, véritables martyres qui donnaient à la procréation, leur jeunesse d'abord et bien vite leur vie. C'est à ce fait que l'on doit attribuer l'importance dans l'organisation brésilienne de la " nourrice esclave " appelée de la senzala à la maison de maître pour aider de fragiles mères de quinze ans à élever leurs enfants.
Par l'intermédiaire des vielles négresses et des nourrices, l'enfance des Brésiliens a été bercée par des histoires : " La nourrice noire fit souvent avec les mots ce qu'elle faisait avec les aliments : elle les triturait, leur enlevait les arêtes, les os, les aspérités, ne laissant pour la bouche de l'enfant blanc que les syllabes molles. Ce n'est pas seulement le langage enfantin qui s'est adouci, c'est la langue générale, le parler sérieux, solennel des grandes personnes " . Les Mères-noires et les femmes de chambre créèrent un portugais bien différent de celui, raide et grammatical, que les Jésuites essayèrent d'apprendre aux petits Indiens et aux demi-blancs élèves de leurs collèges. L'alliance de la nourrice noire avec le petit blanc, de la femme de chambre avec sa jeune patronne, du jeune blanc avec le négrillon fit disparaître cette dualité.
La société brésilienne est une société colorée où trois cultures se sont " acculturées " tout en gardant leurs spécificités ethnico-sociales : des propriétaires blancs dominent avec leurs latifundia une classe pauvre regroupant métis, indiens, noirs et petits blancs.
La caractéristique de l'empire portugais est d'être fondé sur un système commercial autonome, indépendant du gouvernement central de Lisbonne. Ses intérêts et ses moyens ne correspondent pas automatiquement à ceux de la métropole. D'autre part, il ne faut pas oublier que les moyens du Portugal sont limités, surtout en hommes; il n'est donc pas question d'une colonisation et d'une conquête de type espagnol.
L'empire portugais va s'établir en une dizaine d'années. Il y a superposition entre l'ancien système commercial indien et le nouveau dominé par les Portugais. Tout au long des XVI et XVIIème siècles la demande ira croissante, produisant une expansion économique du Portugal, notamment grâce aux épices et aux métaux précieux. Le commerce arabe prend sa place à coté du commerce portugais et vise les routes du golfe persique et de la Méditerranée.
En Septembre 1499, Vasco de Gama rentre de son premier voyage ; les nefs sont chargées de poivre et d'épices. C'est l'amorce du déclin de Venise car le prix du transport maritime par la route du Cap est moins élevé que par les caravanes d'Orient et les péages turcs. Les négociants allemands et italiens (Gênes, Pise, Florence) s'adaptent à la nouvelle géographie commerciale et envie des représentants à Lisbonne. La capitale portugaise devient le centre de redistribution des épices et prend Anvers comme relais vers les pays baltiques.
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03 décembre 2007
3 - Hist. Morro de S. Paulo - Et la suite...
Le roi Manuel désire connaître les possibilités économiques de cette terre nouvelle, essentiellement la présence éventuelle de métaux précieux. Les premières recherches donnent des résultats décevants. En août 1502, c'est un groupe de marchands de Lisbonne qui obtient le droit d'exploration.. L'abondance des bois de teinture dont le pau brazil (1) sera à l'origine du premier développement de la " Terre de Santa Cruz ". Le premier comptoir verra le jour à Porto Seguro, d'autres à Pernambouc et à Bahia. Dés que les échanges commerciaux deviennent courants , la Terra de Santa Cruz voit tout naturellement son nom changé en celui de terre du Brazil. La totalité de la côte, entre l'embouchure de l'Amazone et le Rio de la Plata était reconnue, dès 1514.
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Le pau brasil ...
Les arbres du Brésil - Pau-brasil, ipê, jacarandá, maçaranduba, cumaru, mogno, voici quelques-uns des arbres les plus connus qui se trouvent . Certains, tel le pau-brasil et le mogno, sont typiquement brésiliens, et menacés d'extinction considérant l'exploitation prédatoire.
Une exploitation effrénée...
Dès les premières années de la colonisation, les bois de pau-brasil (Caesalpina echinata) ont été les premiers à être commercialiés. Ce bois résistant, doté de propriétés colorantes (brasilina et brasiléine) était utilisé dans la fabrication d'encre et la coloration de tissus.
"Le brésil est un bois exotique qui, séché et pulvérisé, donne une matière tinctoriale rouge. Au Moyen Âge, le « bois de braise » provenait des Indes via la Perse, importé dans les premiers temps en Europe par les Vénitiens. C'est la profusion d'arbres « couleur de braise » ainsi que l'important commerce qui en découlera, qui donnera son nom au Brésil des conquérants européens au XVIe siècle : Pau Brasil, le bois de braise (brasa en portugais) "Source : Wikipédia"
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C'est durant cette période que l'on décide d'y envoyer tout ce que le Portugal comptait de malfaiteurs et de femmes de mauvaises vies ! On ignore tout des conditions dans lesquelles ils durent y vivre...
Pour décourager les tentatives d'installation étrangères, notamment françaises (1), Jean III organise en 1529, sous le commandement de Martin Alfonso de Sousa, une grande expédition destinée à en fixer les frontières. La colonisation du Brésil commence, mais les Portugais sont très fortement frappé par l'immensité des espaces ; une telle entreprise de colonisation leur semble bien être un défi quasi inconcevable ... Alfonso de Sousa fonde une première ville, en janvier 1532, près de l'actuel Santos dans l'île de Sao Vincente. L'essentiel des premiers colons est constitué de cadets des familles nobles dont la majorité est encore sans épouses. Ils vont donc s'unir à des Indiennes et favoriser ainsi les premiers métissages. Vers 1548, Sao Vincente recensera 600 colons et quelques 3000 esclaves qui assureront l'activité des moulins.
Mais à cette époque les intérêts du Portugal sont encore pour l'Orient. La grande question se pose de trouver des hommes voulant mettre en valeur ces terres nouvelles... Jean III va donc accorder des avantages considérables. Il divise d'abord la côte en quinze secteurs d'une longueur de 30 à 300 lieues. A partir de cette base littorale, chaque donataire peut occuper le territoire aussi loin qu'il le désire, avec comme seule limite, la ligne imaginaire de Tordesillas. Sur ce territoire, le donataire jouit de pouvoirs quasi souverains :
céder aux immigrants qu'il recrute, des tenures aux conditions convenant aux deux parties ;
nommer les autorités municipales et judiciaires ;
fixer les taxes à percevoir.
Malgré ces énormes avantages, la peur de l'inconnu et la crainte de l'isolement font qu'il n'y a eu que peu de prétendants : douze donataires pour les quinze capitaineries. Parmi eux, aucun dignitaire de haut rang ou de commerçants enrichi par le commerce de l'Inde. Or, des capitaux sont nécessaires pour procéder à cette mise en valeur. Les échecs qui résultent de cette absence de capitaux sont d'autant plus nombreux que les postes étaient dans un isolement profond et que les occupants ont du faire face à l'hostilité des indigènes.
Pernambouc sera cependant une réussite: Duarte Cuelho s'y établit avec sa famille et y attire quelques nobles acceptant d'y investir leurs capitaux. De là va naître une économie équilibrée autour du coton et de la canne à sucre, avec l'introduction de bovins et des relations avec les marchands de l'Europe du nord pour écouler la production de sucre. En 1550, Pernambouc compte cinq engenhos (moulins à sucre) en activité. Une des causes du succès de Pernambouc est la proximité relative du Portugal, en même temps qu'il sera devenu un lieu d'escale privilégié vers la Baltique et la mer du Nord.
Reste à résoudre le gros problème de la main-d'oeuvre... Privilégiant les relations cordiales avec les ethnies indiennes du voisinage, Duarte Cuelho interdit les expéditions de chasse aux esclaves dans l'arrière pays. En contrepartie il attirera la main d'œuvre indienne, encourageant en quelque sorte le "volontariat", échangeant leur travail contre des produits manufacturés (outillage en fer). Enfin, dans le but de compléter la main d'œuvre nécessaire, il fait appel aux trafiquants d'esclaves africains.
Le roi Jean III sait maintenant que le sous-sol américain contient des métaux précieux (mines du Potosi) ; pour bien avoir la situation en main, il nomme un gouverneur général, Tomé de Sousa, qui élabore un règlement concernant la présence portugaise et l'interdiction de la mise en esclavage des Indiens. Lorsqu'il rejoint le Brésil, il est accompagné de près de mille colons et fonde une capitale à Salvador dans la capitainerie de Bahia
1551 verra naître le premier diosèce dont Pedro Fernandes de Sardinha sera le premier évêque. Mais celui-ci il se contente d'être l'évêque des Européens et abandonne la conversion des indigènes aux Jésuites. Lors de son voyage retour, il fait naufrage et est dévoré par des Caetes.
Les Jésuites fondent, vers 1555, un aldeamiento (mission) à Salvador, sur le modèle des réductiones espagnols du Paraguay. ces derniers s'opposent effectivement à la mise en esclavage des indigènes et entrent donc en conflit avec les colons qui organisent des bandeiras dans l'arrière pays pour se procurer des esclaves. Les aldeamiento deviennent des lieux de refuge et de protection pour les indigènes.
Les premiers gouverneurs (Tomé de Sousa - 1549/1553 - Duarte da Costa - 1553/1557 - Mem de Sa - 1558/1572) tentent donc de faire régner l'ordre et la justice au sein d'une population où les repris de justice sont majoritaires car les capitaineries brésiliennes servent toujours de lieu de déportation.
Les expéditions menées à l'intérieur des terres ont un double but :
marquer la présence portugaise face à d'éventuels empiétements espagnols ;
rechercher des gisements de métaux précieux.
L'émigration portugaise en direction du Brésil augmente avec les premières difficultés de l'empire d'Asie (vers 1550).
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Jorge de Figueiredo Correia fut nommé à la tête de la subdivision d'Ilhéus. Mais celui-ci préfère demeurer à la cour du Portugal. Il va donc trouver un militaire, Francisco Ramero, qu'il désignera comme administrateur de la capitainerie d'Ilhéus. Ce sera donc Ramero qui sera à l'origine de la fondation de Morro de Sào Paulo et de la future ville d'Ilhéus en 1536. La capitainerie se situait entre ce qui constitue aujourd'hui les municipalités d'Itaparica et Comandatuba. Vers l'est, son territoire s'étendait à peu près jusqu'à Brasília. Au nord, elle était bordée par la capitainerie de la Baie de Tous les Saints et au sud par la capitainerie de Porto Seguro (Intégrée en 1761 à la capitainerie de la Baie de Tous les Saints (de même que la capitainerie de Porto Seguro) après une longue bataille juridique, elles donneront plus tard naissance à l'État de Bahia).
A Morro de Sào Paulo, ce seront environ trente chrétiens qui s'y installeront pour cultiver le coton et exploiter le "pau-brasil". Ainsi naquit le premier peuple de la capitania d'Ilhéus. Cette même année verra les fondations des villages de Poipeba et de Cairù où l'on installera également un moulin à sucre (engenho) ainsi qu'une chapelle qui sera transformé en un Couvent Franciscain de St. Antoine (1654).
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(1)
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2 - Hist. Morro de S. Paulo - Au commencement...
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A la tête de 1.200 hommes d'équipage répartis sur 13 vaisseaux(1), Cabral appareille de Lisbonne le 9 mars 1500. Le 22 avril 1500, la flotte de Pedro Alvares Cabral qui se rend aux Indes aborde une côte inconnue ; ce n'est pas le résultat d'un erreur de navigation : Alvares Cabral a utilisé l'alizé du nord-est jusqu'à la zone équatoriale pour ensuite mieux bénéficier des vents de l'hémisphère sud qui ramènent les navires vers le Cap de Bonne Espérance. La découverte du Brésil s'inscrit bien dans la logique du système de navigation portugais. Cette escale inattendue offre un relais commode pour les flottes portugaises sur la route des Indes. Alvares Cabral détache un navire pour apporter la bonne nouvelle à Lisbonne (2), le traité de Tordesillas (1494) place cette terre nouvelle sous juridiction portugaise.
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Aujourd'hui, Porto Seguro, sur le littoral sud de Bahia, est considéré comme le berceau du Brésil. On l'appelle aussi "Côte de la Découverte" (Costa do Descobrimento).
Il y découvre donc une vaste et belle "terra incognita "au niveau de la future ville brésilienne de Salvador. Il la baptise du nom de Santa Cruz (Sainte Croix) et il noue de premiers contacts avec les pacifiques Indiens Tupi qui habitent la contrée. Ces derniers lui offrent de magnifiques plumes d'oiseaux exotiques et aussi du brésillet, un bois connu au Portugal sous le nom de pau brasil et avec lequel on fait une teinture rouge. Ce pau brasil désignera plus tard le pays : Brésil (en portugais, Brasil) !
Il séjourne une dizaine de jours sur ce qu'il croit d'abord être une île et en prend possession au nom de son roi sans en soupçonner l'importance (3). Après cela, il reprend son voyage vers le cap de Bonne Espérance, au sud de l'Afrique, et arrive comme prévu aux Indes. A Calicut, le samorim, ou seigneur de la mer, lui fait mauvais accueil et c'est un peu plus loin, à Cochin, que Cabral se pourvoie en épices pour le retour.
Et si aujourd'hui la majorité des Brésiliens parle le portugais, c'est parce qu'un marin, poussé par les alizés, aborda par hasard leur rivage avant de reprendre la route des Indes.
(1) La flotte de Cabral composée de 10 navires de guerre, un navire de transport et quelques embarcations marchandes ( 2 probablement). Ses Amiraux étaient tous des scientifiques/militaires ayant une grande expérience en mer , tels que Bartolomeu Dias, Nicolau Coelho et Gaspar de Lemos. Tous des vieux compagnons de Cristóbal Colon.
(2) Le 2 mai la flotte repart en direction de l’inde, mais un des navires, une petite navette de maintenances, est retourné à Lisbonne sous le commandement de Gaspar Lemos, amenant à bord prêt d’une vingtaine de lettres parlant de la découverte au roi Dom Manuel I accompagnés d’un notable texte du chroniqueur Pêro Vaz de Caminha. Les premiers signaux que la découverte ait pu ne pas être accidentelle c’est le fait que Pêro Vaz de Caminha ne manifeste aucune surprise pour avoir trouvé des terres dans ces parages. Mais l’absence de surprise dans la chronique de Pêro Vaz de Caminha, à elle seule, n’aurait aucun signification particulière si on ne l’associe pas à un ensemble d’autres indices. Voir sur le sujet :
http://christophecolomb.blogspot.com/2007/06/la-dcouvertes-des-amriques-avant-colom.html
(3) Ce que l'on sait peut-être moins, c'est que Cabral laissait derrière lui sur le rivage des condamnés à mort, des Français, des mousses ou de jeunes marins, pour en faire des «truchements» sensés être utiles aux prochains voyages ...
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Péro Vaz de Caminha (qui servait de secrétaire auprès du commandant à bord de la nef capitane)
Même si l'on sait que la lettre au Roi D. Manuel du Portugal n’était pas destinés au public, il apparaît clairement que Péro Vaz de Caminha reçut de plein fouet l’exotisme de sa propre découverte. Il met pied à terre à l’extrême sud du futur État de Bahia et rencontre des hommes, sans doute des Tupinikin. Portant toute son attention sur les indigènes que ses compagnons et lui découvrent, il ne s’intéresse que fort peu à la nature, car rien ne lui parait plus insolite que ces hommes et ces femmes allant nus avec naturel, sans aucune espèce de honte (1).
La flore n’est pas mieux observée que la faune, mais on sent qu’elle lui procure des sensations d’un autre ordre. Totalement dérouté, voire accablé par la profusion de la végétation forestière, il en retire davantage une vision d'ensemble qu'un souci du détail :
"Pelo sertão nos pareceu, vista do mar, muito grande, porque a estender olhos, não podíamos ver senão terra com arvoredos, que nos parecia muito longa". La luxuriance tropicale lui arrache ce cri du coeur : "Segundo os arvoredos são mui muitos e grandes, e de infindas maneiras, não duvido que por esse sertão haja muitas aves!" et ce regret : "Esse arvoredo é tanto tamanho, tão basto e de tantas prumagens [folhagens?], que homem as não pode contar".
Seules sont distinguées, par trois fois, ces plantes effectivement remarquables que sont les palmiers :
"Ao longo da ribeira, há muitas palmas, não mui altas, em que há muito bons palmitos. Colhemos e comemos deles muitos".
Arrive pourtant cette belle exception du roucou (Bixa orellana), où, pour la seule fois, l’auteur de la lettre royale risque une description de plusieurs lignes :
"Alguns [selvagens] traziam uns ouriços verdes, de árvore, que, na cor, queriam parecer de castanheiros, embora mais pequenos. E eram cheios duns grãos vermelhos pequenos, que, esmagados entre os dedos, faziam tintura muito vermelha, de que eles andavam tintos".
Pour ce qui est des plantes consommées, Vaz de Caminha ne peut que s’en rapporter au témoignage des deux condamnés à qui Cabral avait ordonné de passer la nuit à terre dans le village indigène. Il leur fut offert de :
"comer daquela vianda [aliment en général], que eles tinham, a saber muito inhame e outras sementes, que na terre há e eles comem ".
Voilà l'essentiel du témoignage que l'un des premiers hommes à avoir accosté au Brésil nous a laissé sur la nature. Heureusement, d'autres suivront, qui resteront plus longtemps par delà ou qui, non pas encore blasés, mais déjà entraînés à la différence, seront plus désireux de la mieux saisir.
Pêro Vaz de Caminha, 1500;
André Thevet, 1555[1];
Gabriel Soares de Sousa, 1569-1587;
Fernão Cardim, 1583-1590;
Yves d'Evreux, 1613-1614;
Hans Staden, 1550;
Jean de Léry, 1557;
Pero de Magalhães, 1570;
Claude d’Abbeville, 1612;
Jorge Marcgrave, 1638 - 1640
(1) À aucun moment il n’attribue aux habitants de noms ou de désignations particulières. Il parle seulement d’« hommes », de « femmes », d’« enfants », de « jeunes » et de « vieux », de « gens ». Il leur applique les mêmes termes que ceux employés pour les Portugais et il distingue les deux parties au moyen des pronoms personnels « eles » et « os nossos » (eux et les nôtres). C’est la procédure habituelle lors des premiers contacts, quand la communication ne peut s’établir qu’à travers le langage des signes dont Caminha relève les éventuels malentendus et quand les Portugais veulent ménager l’avenir de leurs échanges avec des populations jusque-là inconnues. Les interprètes de la flotte, spécialistes des langues d’Afrique ou engagés en vue de l’établissement des Portugais sur la côte de Malabar, ne peuvent comprendre ces hommes ni s’en faire comprendre. On ne peut donc pas leur attribuer de nom. Ils ne sont certes pas des « Indiens ». Si Pero Vaz de Caminha ne les traite pas directement de « gentils », il leur en donne toutes les caractéristiques : ils ne sont pas circoncis, ils n’ont pas de croyance ni de culte apparents, ils s’effarouchent facilement comme les oiseaux et les animaux sauvages dont ils ont l’instabilité, mais aussi la capacité d’être apprivoisés, ils sont innocents et bons, ils représentent l’état de nature, ils sont certainement tout disposés à recevoir la parole de l’Évangile, puisque Dieu les a placés sur la route des Portugais
Ainsi, à l’inverse de la précipitation de Colomb à appeler « Indiens » les premiers hommes rencontrés sur l’archipel des Bahamas, les Portugais se gardent de nommer les occupants originels du Brésil, qu’ils savent être amenés à rencontrer de nouveau puisqu’ils sont placés sous la juridiction du roi de Portugal en vertu du traité de Tordesillas (7 juin 1494).
La conclusion dePero Vaz de Caminha sera la suivante : "Cette terre, d'un bout à l'autre, n'est que plages et palmiers, beaucoup de terre et très belle. Les eaux sont infinies. Et elle est tellement gracieuse que si l'on veut en tirer profit, elle produira de tout, tellement les eaux y sont abondantes."
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"Gaspar de Lemos est ce navigateur portugais qui commandait un des bateaux de la flotte de Pedro Álvares Cabral qui a découvert le Brésil en 22 avril 1500. Directement, on sait peu de choses de ses origines.
Comme commandant du bateau qui transportait les vivres, il fut désigné par Cabral pour retourner au Portugal après un court séjour dans la terre de la Vraie Croix pour apporter à Manuel Ierla nouvelle de la découverte. Ainsi, il revint au Portugal avec la fameuse lettre de Pero Vaz de Caminha. Il revint au Brésil en voyage d'exploration, en compagnie, entre autres de Amerigo Vespucci. Il partit de Lisbonne le 10 mai 1501 et revint le 17 septembre 1502 . Cette expédition aurait fait les découvertes suivantes:
- l'archipel de Fernando de Noronha;
- le 1er novembre1501, la baie qui fut baptisée Baía de Todos os Santos (Baie de Tous les Saints);
- le 1er janvier 1502, la Baie de Guanabara, qu'il a confondu avec une rivière et la baptisa Rio de Janeiro;
- Angra dos Reis, le 6 janvier de la même année
- l'île de São Vicente, le 22 janvier 1502 .
Ce gentilhomme est peut-être descendant d'une famille riche originaire de León qui vint au Portugal sous le règne d'Alphonse IV et reçu des terres sous Jean Ier . Certains auteurs attribuent ce voyage de 1501/1502 à Gonçalo Coelho qui pourtant ne partit de Lisbonne qu'en 1503 accompagné aussi par Vespucci." (Source : Wikipédia)
Voilà pour les premiers. Viendra le moment où le Portugal ne pourra plus tenir le "secret"...
1 - Hist. Morro de S. Paulo - Introduction
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L'homme de vigie : "Terre à l'horizon..."
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Dans l'historique occidentale, l'histoire de Morro de Sào Paulo apparaît tellement ancienne et tellement riches de détails qu'elle se confond avec l'Histoire du Brésil. Par contre, on ne sait rien sur ce qui a précédé le passage de Pedro Alvarez Cabral, sauf qu'il ne fut pas le premier européen à y débarquer... A qui appartiennent donc ces premiers pas d'un portugais dans le sable d'une plage ?
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Il s'appelait Vincente Yamez Pinzo(Palos 1463 - 1514). En 1492, il commandait la "Nina" de Christophe Colomb. En 1499, il effectuera un autre voyage qui l'amène sur les côtes du Brésil (qui ne s'appelait pas encore ainsi...). Poursuivant vers le N - O, il découvre le golfe de Paria et l'Amazone, dont il explore l'estuaire. Pinzon fera encore d'autres voyages,entre 1502 et 1508, mal documentés. Lors du dernier (1508), en collaboration avec Diaz de Solis (Lebrija 1470 - 1516), il fera le tour de l'île de Cuba, visite le golfe du Honduras et descendra le long du continent Sud-américain jusqu'au 41° Sud puis revient en Espagne. Diaz de Senlis quant à lui, devient Pilote-Major après la mort de l'ancien titulaire, au nom resté célèbre : Amerigo Vespucci. En 1515, il part avec 3 navires explorer les côtes de l'Amérique du Sud à la recherche du passages vers le Pacifique, nouvellement découvert par Balboa. Il découvre le Rio de la Plata qu'il avait manqué de peu lors de son premier voyage avec Pinzon. Il explore le Rio pensant avoir trouvé le passage, mais meurt mangé par les indiens. Ses compagnons découragés rentrent au pays.
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